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L’Épouvantail, un farfelu bien dense

C’était un Mat d’Appartement, planté en poussée entre le sol et le plafond et sur lequel de nombreux objets aux fonctionnalités diverses venaient se fixer. Il était fièrement campé sur un pied de corsaire en fonte d’aluminium et bien tourné de courbes délicates tout au long de ses rondins en hêtre. Je l’adorais et pourtant, c’était un casse-tête de coordonner les multiples fabricants qui réalisaient les non moins innombrables pièces le constituant! C’était un cauchemar de l’installer dans les boutiques qui ont, en général, plus de quatre mètres de plafond et surtout de faux plafond que nous défoncions allègrement. Mais une fois qu'il avait trouvé sa place, Il rayonnait tel Shiva aux bras multiples (ou Saint Sébastien bardé de flèches, selon vos références). De haut en bas voici ce qui le traversaient: des lampes Cornettes en verre soufflé (très collectors), des étagères en acier plié et peint, une horloge, un miroir, un bouquet de pinces porte-infos ou porte-photos, un grand et un petit vide-poches en porcelaine, un plateau et un panier tressé en fils de fer, qui épousait le tronc comme un extraordinaire nid de guêpes.
Le tirage s’est limité à 100 pièces. Excepté les lampes en verre, le panier et les porte-photos, il était entièrement fabriqué en France. Le mat nu coûtait 3600 Francs pour une hauteur comprise entre 2,80 m et 3,10 m et une série complète d’accessoires valait à peu près la même somme.

Le mode d’emploi faisait 6 pages et commençait par la phrase suivante:

L’installation d’un Épouvantail chez soi, malgré ce que l’on pourrait croire en mesurant d’un coup d’oeil la longueur du mode d’emploi, n’est pas un parcours du combattant : c’est un jeu d’enfant. Il faut juste disposer d’une heure de temps, d’un gros tournevis, d’un escabeau… et d’un partenaire efficace, méthodique et dévoué.
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