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Mais quel est cet enthousiasme ouzbek? 1er épisode

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En 1989, je suis allée pour la première fois en Asie centrale. Étrangement, cette région m’a enchantée. Entre le passé culturel nomade et le présent encore soviétique, il y avait très peu d’objets à voir. Aucun marché aux puces où flaner. La gastronomie locale n’était vraiment pas ma tasse de thé. Mais c’est tout de même à table que j’ai été ensorcelée.
Les cantines d’Etat étaient les seuls restaurants. En général à l’air libre quelle que soit la température, on prenait place sur de petites estrades en bois ressemblant aux constructions en palettes qui fleurissent dans les villes en ce moment. Une table basse centrale permettait à 4 ou 6 personnes de s’asseoir ensemble. Parfois, l’estrade et la table étaient peintes d’un naïf et délicieux bleu ciel.
On nous servait invariablement du riz au poulet ou le traditionnel bol de graisse de mouton tiède... mais dans quel bol!
Un immense bol, souvent sale et gras mais toujours extraordinairement coloré et avec des dessins qui incarnaient le pays. La fleur interprétée sous toutes ses formes était celle des champs de coton*. Le dessin géométrique représentait la trame du tissu traditionnel à Boukhara et Samarcande : l’ikat. La feuille de vigne rappelle le vin et le jus de raisin d’Ouzbékistan. Les motifs étaient simples, imprimés au pochoir en une couleur et parfois rehaussés d’or au pinceau.
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Je me souviens avoir découvert des merveilles, au fond de certains bols. Comme un message en cyrillique, peint à la main, félicitant la camarade Ghulamova pour son excellent travail ou célébrant l’anniversaire du camarade Arslonov.
Ou encore des fanfaronnades soviétiques mignonnement dessinées, pour l’envolée de la chienne Laïka ou l’anniversaire de Youri Gagarine. C’était le bon temps !? message.tamponné.russe.soviétique* Moins bucolique : la culture intensive du coton, surnommé « l’or blanc », a été imposée par l’URSS dès 1960 – avec de lourdes séquelles écologiques et sociologiques dans la région.